Saint-Pétersbourg aux Invalides
Présentée par le musée de lArmée, lexposition Paris Saint-Pétersbourg 1800-1830. Quand la Russie parlait français
, inaugurée le 20 mai 2003 en lhôtel national des Invalides, à Paris, sinscrit dans le cadre de la commémoration du troisième centenaire de la naissance de Saint-Pétersbourg. Les principaux événements de cette célébration se déroulent naturellement dans cette ville, voulue et créée par Pierre le Grand. Ce qui est présenté à Paris en est, en quelque sorte, lécho lointain.
Comment définir simplement le thème de cette exposition, due à une heureuse initiative russe ? Dans lintention de ses concepteurs, il sagissait de rendre compte de linfluence de la culture française sur la société russe, et de rappeler les affinités et les liens qui unissaient ces deux pays, et cela dans le premier tiers du XIXe siècle.
Au musée de lArmée que représente une telle manifestation ? Pour cette institution, placée sous tutelle du ministère de la Défense, cest loccasion de dépasser lhistoire des conflits et des batailles en mettant en valeur les rapports et les influences réciproques de deux sociétés dans leurs dimensions culturelles, artistiques et patrimoniales. Ainsi, le visiteur de cette exposition est invité à porter un regard sur une époque où laristocratie russe, et particulièrement celle de Saint-Pétersbourg, parlait et vivait «à la française».
Mais cette manifestation exceptionnelle est également loccasion de rendre à la ville de Pierre le Grand sa qualité originale de «fenêtre ouverte sur lEurope», selon le mot de Pouchkine, et qui, ainsi, est pour un temps une fenêtre ouverte sur Paris.
Pour atteindre ces objectifs, cest-à-dire pour matérialiser la grande proximité culturelle que connurent ces deux pays, quelque trois cents pièces sont rassemblées et proposées au public objets utilitaires ou décoratifs ou œuvres dart -, dont les deux tiers appartiennent aux collections du musée de lErmitage.
Le musée de lArmée participe avec enthousiasme à cette exposition et laccueille dans ce lieu hors du commun quest léglise du Dôme. Confiante dans le professionnalisme des responsables de lopération et des différents acteurs, la direction du musée de lArmée sest engagée avec détermination dans cette réalisation, souhaitant que celle-ci soit le prélude à dautres collaborations avec les musées russes participants.
Au sein de léquipe pluridisciplinaire en charge du projet, conçu et réalisé dans des délais extraordinairement courts, il convient de citer Natalia Zolotova, commissaire de lexposition, secondée en France par Christine Helfrich et Gérard-Jean Chaduc, et larchitecte-scénographe Sergueï Mironenko, qui a su, avec beaucoup de talent, tirer un parti intéressant des lieux choisis, aussi imposants que contraignants.
Enfin, il convient de remercier deux acteurs importants sans lesquels cette exposition naurait pas vu le jour, Mikhaïl Piotrovski, directeur du musée de lErmitage, et Vladimir Potanine, président dInterros, inspirateur et mécène de cette manifestation.
Cette exposition trouve naturellement sa place au sein de la politique culturelle du musée de lArmée, constituée pour lessentiel dexpositions temporaires, de colloques et dune saison musicale. La valeur dun musée se mesurant certes à lintérêt de son fonds et à la pertinence de sa présentation, objet au musée de lArmée dun vaste chantier de modernisation, mais aussi à sa capacité de rayonnement, nul doute que cette manifestation franco-russe y participe grandement.
Que tous les acteurs en soient ici chaleureusement remerciés.
Le général de corps darmée (2S)
Bernard Devaux, directeur du musée de lArmée
|